Professeur Reidar Winter - chloroquine au choix en Suède

Stockholm, Suède, 15 avril 2020

En Suède, un médecin peut prescrire la chloroquine à un patient si il la considère pertinente et apte à le guérir.

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Reidar Winter est le directeur de la clinique privée E-Heart (e-heart.se) et exerce en tant que cardiologue. Il est aujourd’hui en charge de la campagne menée conjointement par E-Heart et Hedda Care permettant le test et l’analyse du COVID-19 chez les personnes âgées. Cette campagne est financée par des dons privés et vise simplement à lutter contre la propagation alarmante et croissante du coronavirus en Suède

Bonjour Professeur, merci de répondre à nos questions. Pouvez-vous nous décrire la situation actuelle en Suède ? 

Le traitement de cette crise par les autorités gouvernementales suédoises est un vrai désastre. Si une forte majorité de la population ne se voit pas ou très peu touchée par le COVID-19, nous remarquons surtout ses effets dévastateurs sur les catégories les plus âgées, comme cela peut être le cas dans la plupart des pays touchés en Europe. Très tôt, des mesures empêchant toutes visites dans les maisons de retraites furent mises en place. Mais en contrepartie, le personnel continuait d’entrer et de sortir sans aucune protection ou instruction spécifique. C’est dans cette optique que les tests que nous avons entrepris se sont immédiatement et exclusivement tournés vers le personnel soignant et leurs patients.

 

La Suède face au COVID-19, « un désastre » selon le Professeur Reidar Winter.

 

Les résultats sont clairs : 20% du personnel que nous avons testé ont répondu positif. Mais en général, les tests au sein des hôpitaux restent encore trop faibles. Un de mes collègues au sein du service de chirurgie plastique de Linköping m’a appris que 50% du staff s’est révélé positif, entraînant la fermeture immédiate de ce service. 

Le manque de cohésion sur le plan national concernant la politique à adopter n’arrange pas les choses. Il revient à des cliniques privés comme E-Heart, dont je fais partie, et Hedda Care de prendre des initiatives pour sauver nos aînés et essayer de garder la tête hors de l’eau. Le gouvernement ne fait qu’adresser des « recommandations » à la population sans prendre de mesures fortes. Aujourd’hui, il est trop tard pour mettre en place un confinement et nous ne pouvons qu’espérer que les choix pris par nos gouvernants sont les bons. Mais il nous suffit de regarder notre voisin la Finlande pour observer que le confinement et la mise à disposition de tests est un moyen efficace pour endiguer l’épidémie. 

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Pouvez-vous nous expliquer les différents tests effectués par vos équipes ?

Il faut distinguer deux types de tests : 

  • le test salivaire 
  • le test sérologique - qui est celui que nous utilisons en grande majorité

Il s'agit d'un test d'anticorps approuvé par la FDA américaine (Food and Drug Agency) et validé en Suède par une étude menée par le Professeur Åke Lundkvist à l'hôpital universitaire d'Uppsala. 

En l’espèce, il s’agit de prélever une goutte de sang sur le patient. Dès lors, nous sommes capables d’identifier en 15 minutes si ce dernier a produit ou non les anticorps spécifiques lors d’une infection au COVID-19. Ce test nous permet ensuite de dégager deux types de personnes infectées : 

  • les personnes immunisées qui ont été infectées mais qui ont développé une immunité ne les empêchant pas aujourd’hui de poursuivre leur travail
  • les personnes symptomatiques ou asymptomatiques qui risquent aujourd’hui d’infecter leurs patients et qui sont immédiatement renvoyées chez elles.

En une semaine, nous arrivons à effectuer 10 000 tests et nous espérons augmenter ce nombre via la formation en ligne et sur le terrain de personnel à-même d’effectuer ces tests. 

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Aujourd'hui, quel est le point de vue des médecins suédois sur la chloroquine, solution proposée par le Professeur Raoult pour lutter contre le COVID-19 ? 

Très tôt, les autorités médicales suédoises ont utilisé la chloroquine pour les patients atteints du COVID-19. Cependant, son usage fut principalement effectué sur des patients avec de forts symptômes. Or les études du Professeur Raoult et de l'IHU de Marseille ont démontré son efficacité lors d’une prise immédiate des personnes atteintes du COVID-19. 

Ainsi, même si aujourd’hui la chloroquine n’est pas généralisée en tant que traitement contre le COVID-19 par les autorités médicales, il est tout à fait possible pour un médecin de la prescrire à son patient si celui-ci la considère pertinente et plus à même de le guérir.